Da Alighiero à Anghiari

Tout d’abord, il me faut situer Anghiari, on n’y passe pas tous les jours, surtout si vous me lisez en français. Vu le nom du patelin, on devine qu’il s’agit de l’Italie, et plus particulièrement de la Toscane. Mes derniers voyages dans cette région m’ont appris que la Toscane était assez étendue, et on n’imagine pas nécessairement qu’elle coupe pratiquement l’Italie en deux, des mers de Ligurie et Tyrrhénienne à gauche, à la mer Adriatique à droite (la Toscane en est éloignée d’une cinquantaine de kilomètres). Je présume que vous situez correctement Florence (vers le Nord) et Sienne (au centre) ? A mi-distance de ces deux villes, vous prenez à droite, pratiquement jusqu’à la frontière de l’Ombrie : vous tombez sur Arezzo (magnifique !), et ensuite, via quelques reliefs culminant à 1000 mètres d’altitude, vous atteignez sans encombres Anghiari.

anghiari

Appréciez déjà la vue, en vrai c’est encore plus saisissant.

Bref, lors des dernières vacances, nous avons eu la chance de choisir un peu par hasard (à moins que le nombre d’autocollants Michelin en vitrine ne m’ait quelque peu influencé) un restaurant qui nous a enchantés : Da Alighiero. Avant même de lire la carte, mon œil œnophile a remarqué des dizaines (si pas des centaines) de bouteilles de Sassicaia ouvertes  avec soin, et couvrant, tels des trophées de chasse, les murs du restaurant. Derrière moi, dans une vitrine sécurisée, une caisse en bois, scellée, contenant au minimum un magnum de Sassicaia.

Oufti : on s’assied, on se calme, et on espère que la carte des vins restera raisonnable en terme de prix.

La carte des mets est déjà alléchante, et à un prix hyper-sympathique : c’est l’occasion ici de redire tout le bien que je pense de l’Italie, de ses restaurants et de son accueil ! Et je confirme en vous disant que la carte des vins était elle aussi tout à fait alléchante. Connaissant les goûts de mon épouse, j’ai choisi un Amarone 2007 de chez Speri, à 30 € la demi-bouteille. Le service du vin fut parfait : bouchon, aération, verres, service. Nous avons dû freiner des quatre fers pour ne pas vider la bouteille aussi sec, et apprécier patiemment les différents accords mets-vin des antipasti aux contorni.

Total de la note (vin, eau, antipasti, primi, secondi, contorni et dessert) : 115€. Tout est dit.

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Faut-il se méfier des vins vendus en grandes surfaces ?

C’est le titre d’un article de La Libre (voir ici) dans lequel l’acheteur vin pour le groupe Carrefour Belgique répond à Donatien Le maître, réalisateur du documentaire « Vin français, la gueule de bois », diffusé le mercredi 13/05/2015 sur la Une. Voici l’accroche de l’article qui résume le documentaire : « Les vignes françaises sont massivement traitées aux pesticides, le goût du vin est trafiqué à cause d’une soixantaine d’additifs, les médailles sur les étiquettes sont à moitié bidon… Une enquête dénonce les côtés sombres du secteur des vins français grande consommation, victimes d’une course au rendement. Oubliez le terroir et les méthodes traditionnelles et ne dites plus ‘bonne santé’… « .

Cet article dans La Libre présente, on s’en doute, des visions assez différentes de la production viticole française. Dans cette matière, tout n’est pas blanc ou noir. Par exemple, même si le monde de la grande distribution privilégie la rentabilité financière au détriment de la qualité, il est parfois possible d’y trouver d’excellentes bouteilles, qui ne s’y trouvent pas nécessairement par hasard. Mais dans la sphère bio et ‘naturelle’ (c’est-à-dire sans soufre), certains proposent des bouteilles imbuvables, au prétexte d’une orthodoxie de non-interventionnisme très proche de la caricature, à des prix stratosphériques.

Par contre, quelques phrases de l’acheteur vin pour le groupe Carrefour Belgique me font bondir (et surtout rire) :

– quand Carrefour trouve une bouteille bouchonnée, « c’est le labo qui nous dit si c’est un accident de bouteille ou de lot« . Tout le monde sait qu’un pourcentage assez constant de bouteilles est bouchonné, même sur des bouteilles de grand standing, en fonction de la qualité du bouchon. Que l’on ne me fasse pas croire que Carrefour teste tous les lots dans lesquels ils trouvent une bouteille bouchonnée …

– « Aujourd’hui, l’utilisation de pesticides sur une vigne d’appellation d’origine contrôlée ou protégée est strictement interdite. … Là aussi, des analyses de sol sont effectuées. Tous les vignobles sont testés régulièrement« . Alors là c’est la nouvelle du siècle : Bordeaux n’est donc plus une appellation d’origine contrôlée ou protégée, vu qu’on y pulvérise à tour de bras. Et venir nous raconter que tous les vignobles sont testés régulièrement, alors que Carrefour peut monter jusque 1500 références : de combien d’inspecteurs  dispose Carrefour  pour faire le tour de tous ces vignobles ?

– enfin, la phrase qui tue : « Ce qui détermine le prix bas n’est pas la qualité du produit mais bien la taille de la production, d’abord, et puis le temps passé en barriques« . Oui, bien sûr, ces deux paramètres ont une influence. Mais aussi la quantité d’engrais, le fait de limiter ou non le rendement (le risque est de presser un jus de raisin très dilué), la quantité de levures artificielles qui donneront un goût agréable au vin (levures nécessaires si le jus est très dilué, vous suivez ?), et n’oublions pas les pesticides qui assurent un état sanitaire correct à un maximum de raisins (car qui dit raisins infectés, dit raisins jetés, donc rendements en baisse). Il est tout à fait possible de trouver des vins issus de petites exploitations, sans ou très peu de pesticides, à des prix très raisonnables. Et des vins issus de très grandes exploitations, à des prix insensés.

Santé !

La Belgique une fois

Titre bizarre, n’est-il pas ?

Vous avez toujours rêvé de recevoir quelques bières belges spéciales chez vous, tous les mois, juste pour goûter, sans devoir lever le petit doigt ? Et bien c’est possible sur le site « La Belgique une fois » ! Le choix est immense parmi les bières belges d’abbaye, bières trappistes, bières belges spéciales, microbrasseries, bières artisanales … Différentes formules d’abonnement existent, à tous les prix. Le site vous guide pour vous proposer des bières en rapport avec vos goûts.

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J’ai testé le produit, et surtout la livraison. Combien de bouteilles brisées à l’arrivée ? aucune ! Le carton est solide, le système d’arrimage des bouteilles est bien pensé. Et je ne vous parle pas du plaisir de découvrir de nouvelles saveurs chaque mois.

Au Soleil d’Italie à Monceau

Il y a quelques années je me suis légèrement impliqué dans le mouvement « slow food » qui a pour but de faire redécouvrir les produits issus de la terre, les « vrais », ceux qui ont « pris le temps » de sortir de terre, ceux qui sortent du canevas imposé par la « grande » distribution.

A noter que ce mouvement « slow » s’est étendu à d’autres domaines, comme le « slow life », le « slow city » et bien sûr le « slow sex ».

Donc vous l’aurez compris, j’ai une légère aversion pour les diktats de l’agro-alimentaire, la publicité lobotomisante délivrée entre The Voice et Koh-Lanta, et les soi-disant produits italiens au dos desquels on trouve un « made in Germany ».

Après quelques voyages au pays de Dante, ou de la Cicciolina c’est selon, quelques séjours où je me suis rendu compte que les tomates de Sansepolcro étaient bizarrement différentes des Flandria du Carrefour Market, il était temps de trouver à proximité du domicile familial une épicerie italienne digne de ce nom.

Ah bon, et c’est quoi « une épicerie italienne digne de ce nom » ? Ma définition de ce type de commerce, c’est un endroit où je peux trouver des produits respectant la matière première, ne galvaudant pas l’appellation d’origine (ce produit a t-il été réellement produit en Italie ?), ne trompant pas le client sur le produit (faire passer le Grana Padano pour du Parmesan). Par exemple, un soi-disant « supermarché italien » au sud de Charleroi : je demande du Parmesan à la découpe, on m’envoie vers le rayon des pré-emballés de Grana Padano. Je demande de l’Aperol Spritz en petits conditionnements, on m’envoie vers le Crodino. Le reste était à l’avenant.

Bref, complètement dépité, j’erre dans la campagne Carolo à la recherche du Saint-Graal de l’épicerie fine italienne. Et contrairement aux chevaliers de la Table Ronde, je l’ai trouvé ce Saint-Graal : « Au Soleil d’Italie« , place Sabatier à Monceau-sur-Sambre.

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Des fromages de toute grande qualité, de la charcuterie « slow food », du vin sélectionné avec choix, des préparations originales. A Noël des Panettone inoubliables, à Pâques des Colomba à défaillir (ma marque préférée : Loison).

Vous savez ce que je dépose en ce moment sur mes tartines pour aller travailler ? du jambon de Toscane parsemé de copeaux de Parmesan 30 mois frais du jour. J’ai aussi un faible pour la Pancetta slow food …

Mas de l’Oncle

Découvert ce week-end à la dégustation de printemps de la Maison Pirard de Genappes : le Mas de l’Oncle.

Ligne de conduite : fraîcheur et légèreté (à ne pas confondre avec « maigreur »).

La reprise du domaine par Fabrice BONMARCHAND date de 2011. Il est composé de 10 hectares, sur lesquels on retrouve principalement 45 % de Syrah, 30% de Grenache et 10 % de Mourvèdre qui sont la base de leurs Pic Saint Loup. Ces cépages sont complétés par du Carignan, du Cinsault, du Merlot et du Chenanson.

Le domaine vinifie également 2 hectares de cépage blanc, en fermage, principalement du Sauvignon et de la Marsanne.

J’ai goûté les deux « Plaisir« , blanc et rouge.

Voici mes commentaires pour lPLAISIR-Be blanc : « super vin de plaisir, léger (12°) et fruité. A boire très certainement à l’apéro ». Il est composé de 45% vermentino, 20% Sauvignon, 30 % Chardonnay et 5% Muscat.

Le rouge est « hyper-digeste, sur le fruit et la finesse. Le nom du vin correspond parfaitement à l’impression ressentie en bouche. C’est un excellent rapport qualité/prix », qui allie la rondeur du Merlot et l’ampleur du Grenache.

Je ne manquerai pas de goûter leurs prochains millésimes !

Mes coups de cœur de la dégustation de printemps 2015 chez Pirard à Genappes

En bref, et avec le lien vers mon site www.plaisirduvin.be pour plus de détails, mes coups de cœur de la dégustation de printemps 2015 chez Pirard à Genappes :

Le rosé de l’été 2015

J’ai profité de la dégustation de printemps chez Pirard à Genappes pour choisir mon rosé 2015 (j’attendrai bien sûr la confirmation météo que l’été est bien arrivé avant de commander …).

Quelques valeurs sûres étaient en lice : Château Viranel à Saint-Chinian, Domaine Boudau à Rivesaltes, Château Lalis à Corbières. Mais c’est le Domaine Saint-André de Figuière en Provence qui a remporté la palme avec son rosé « Première« .

rose-premiere-domaine-saint-andre-de-figuiereNez d’agrumes et d’épices, bouche sensuelle et onctueuse, aucune lourdeur. C’est frais et délicat.

Le prix n’est pas riquiqui, 13,50€ quand même, mais ce rosé le vaut bien. Et puis n’oublions pas : « Boire et manger moins, mais mieux ».

Sinon, pour les fêtes de quartier où la quantité prime, le Domaine Saint-André de Figuière propose un autre rosé, le « Magali », à 10,90€ (réduction de 5% si commande de 24 bouteilles).

Et si vous souhaitez rester en-dessous de 10 €, je peux vous conseiller le rosé « Choryphée » du Château Lalis en Corbières, à 6,80€ (réduction de 5% si commande de 24 bouteilles).

Tendances vin 2015

26 février 2015 : présentation à la presse de la foire aux vins « printemps 2015″ de Delhaize. L’exposé du responsable « vins » fût très éclairant quant aux tendances d’achat de nos compatriotes.

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Tout d’abord une stagnation de la quantité, mais une augmentation de 2,3% en valeur. Qui disait « boire et manger moins, mais mieux » ?

On remarque ensuite un affaiblissement des rouges en faveur des rosés et des mousseux. Les blancs sont stables.

Si on se concentre sur les rouges, le Languedoc mène la danse grâce à une qualité en constante augmentation. Au niveau des progressions, saluons celle du Portugal (+ 20% !).

Les blancs languedociens ne sont pas en reste, avec une augmentation de 12%, mais à nuancer avec celle de l’Italie (+ 20% !).

Au rayon rosés, la Provence est en chute libre. Ce sont le Languedoc, l’Espagne, l’Italie et l’Afrique du Sud qui reprennent le flambeau.

Enfin, que dire des BIB (Bag In Box) ? Ils représentent près de 29% de la quantité totale de vin vendue en Belgique … Surprenant, non ?

Chianti Classico Fattoria la Presura

Je devine déjà le sourire légèrement cynique : du Chianti, la bouteille ronde empaillée servie à la pizzeria du coin. Quand on insiste en précisant que le Chianti fait partie de la Toscane, le sourire fait place à la franche rigolade.

Bref, c’est muni de cet à-priori que je me rends chez Vinodis, pour un cours/dégustation dédié à la Toscane. On sort quelques graphiques et mappemondes pour situer la région, des statistiques pour rappeler que du rouge italien a traversé des frontières pour aller colorer d’autres appellations, et enfin la dégustation (à l’aveugle) peut commencer.

Après quelques vins anecdotiques arrive ce breuvage au nez complexe, dans une explosion de fruits noirs, avec des soupçons de fruits rouges. On était assis, heureusement. On attend, un peu, afin de libérer les arômes. Et surtout se préparer mentalement à la suite. En bouche, du jus de viande et cuir pour certains, un côté sanguin pour d’autres. La matière est consistante, avec des tannins sur la finesse, le tout en équilibre presque parfait. La finale est suave à souhait. C’est frais et rond. Le plaisir se prolonge grâce à une longueur très appréciable.

laPresura

Enfin, le coup de massue : 10,90 €

Foncez

Fabrique4 à Paris

Je me rends occasionnellement à Paris, et à chaque fois se pose la question du resto : je pose rarement mes valises (plutôt « ma » que « mes » …) au même endroit, et ma crainte est de choisir au hasard un resto qui se révélera être un boui-boui bien crasseux. La dernière fois, en décembre, j’avais un peu de temps, et j’ai cherché « le » resto sur internet. Je me suis rendu dans le quartier des nominés, pour finalement entrer à Fabrique4, que je n’avais pas choisi : il n’y avait personne (mauvais signe …) mais c’était normal, j’avais oublié qu’à Paris on ne mangeait pas avant 20h. Autant vous le dire de suite : ce fut « la » révélation. Tellement que je me suis promis de revenir dans le même hôtel, proche du Fabrique4, malgré une invasion de Chinois.

F4

Nous sommes le 26 janvier 2015, et je sors de ce mythique Fabrique4. On est souvent déçu lorsqu’on revient dans un endroit qui nous a enchantés, tout simplement parce que la première fois était empreinte de surprise, il y avait un « momentum », c’était « la » révélation. Et à la deuxième fois on se dit « bof, finalement … ». Et bien en sortant je leur ai déjà demandé si c’était ouvert au Carnaval, au cas où mon client me propose cette date comme prochain rendez-vous ! Je peux vous conseiller : le carpaccio de boeuf, le rouget-barbet, le thon rouge en croûte, le pain perdu, les bananes au citron vert. Pour la suite, faudra attendre fin février !